Un poteau et une ombre et tout de suite la Camargue concocte un peu de fantastique ! Clic/agrandir
La Camargue, qui n'en a jamais entendu parler, qui n'en a jamais rêvé ? Elle est un mythe depuis les années soixante-dix au moins. Mais de la Camargue, beaucoup peuvent dire : « je suis venu, j'ai vu, je suis déçu ! ». En effet, et comme il a beaucoup été écrit, la Camargue ne se laisse pas découvrir facilement. On dit souvent qu'elle se mérite. Je n'aime pas le terme, je préfère dire qu'il faut l'apprivoiser. Ou plus exactement, se laisser apprivoiser.
Je me souviens d'une visite avec mon père quand j'avais 14 ans, lui avec sa caméra et moi avec un Canon Ftb et peut-être un 200 mm… Vroum-vroum en Camargue devrait-on dire. Nous l'avons traversée en tous sens, à des allures idiotes, et bien entendu nous n'avons rien vu d'autres que des oiseaux s'envoler… Bon, à l'époque et sans informations, c'est pardonnable. Malgré tout, la magie de la Camargue m'avait saisi, et je n'ai eu de cesse que d'y retourner.
Je ne parlerai pas dans ce billet de la Camargue des ornithologues, même si c'est justement pour les oiseaux que j'y suis venu pendant des années. Vers 1990, j'ai complètement arrêté l'ornithologie pour redevenir un simple promeneur. Après m'être lavé l'œil et l'esprit, j'ai repris goût aux balades avec pour seule motivation la sensation du vent sur la peau. À force de joies simples, j'ai repris la photo en 1995 mais finalement, ce n'est que récemment que j'ai redécouvert « ma » Camargue.

Pays du vent, on peut parfois y voir une fossilisation en direct. Dans quelques millions d'années, il restera peut-être quelques traces foliaires dans un grès que les enfants joueront à chercher. Clic/agrandir
La rencontre se passe pour moi l'hiver : ni touristes, ni moustiques, et surtout une bonne lumière toute la journée, d'octobre à mars. Chaque tempête renouvelle les plages et tourneboule les marais, il n'y a plus qu'à marcher pour découvrir des merveilles. Il vaut mieux prendre la météo car le vent ami quand on n'est pas là (il sculpte le sable et le sel) n'est apprécié que modéré lorsqu'on est à pied. Si la météo annonce 10 km/h, attendez-vous à 30 km/h : parfait. Au-delà, l'omniprésence du vent devient vite pénible, et on finit par se déconcentrer.
Se déconcentrer ? Oui, ma façon d'être ici, c'est de ne pas faire grand-chose mais d'observer et de sentir beaucoup, le plus souvent le nez au sol (les yeux rivés au sol, plutôt). J'examine chaque recoin de marécage, le moindre repli de terre, je traque les rides de sable. Je tourne tranquillement autour de tous les bois échoués. Sans vraiment chercher mais plutôt en étant disponible, je trouve mille merveilles que je vous propose de découvrir dans ma galerie Peau de Camargue.
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